Laissez-moi vous conter cette fois-ci les péripéties liées à la dernière évolution notable de mon pédalier principal. Une grosse évolution synonyme de nouveau système de switching, nouvelle configuration de pédales et ainsi que de l’intégration du protocole MIDI de manière plus poussée dans mon rig.

L’aventure n’ayant pas été sans mal, je me permets de vous la livrer ici dans un ordre relativement chronologique pour comprendre le cheminement jusqu’à la résolution par le Gigrig G3.

Des boards et des pédales

Si vous suivez mes aventures musicales sur le blog, vous saurez déjà que j’alterne selon mes besoins entre 3 pédaliers :

– le FATBoard, le pédalier studio (peu transportable) plutôt orienté recherche de texture – avec switcher.
– le LIVEBoard, mon pédalier principal est piloté également avec un switcher de pédales.
– le LIGHTBoard, le petit, monté « minute » généralement, selon les envies et les besoins ou comme « Extra » que je viens rajouter avec des effets plus exotiques dans le chainage d’un des 2 autres pédaliers. Pas de switcher ici : c’est claquettes à l’ancienne !

Setup LIVEBoard de mars 2019 à septembre 2020

Les pédales naviguent d’un pédalier à l’autre selon les époques, l’évolution de mes goûts et, bien (trop) souvent, les nouveautés qui viennent bousculer l’ordre établi.

Après une version 2019 (détaillée dans cet article et en photo ci-contre) qui a tenu ses promesses pendant de longs mois, l’arrivée du Preamp MKII a chamboulé pas mal de choses fin 2020.

Parallèlement, j’entame au début de l’année la création d’une extension pour mon FATBoard  (toujours pas terminée à ce jour) qui remet en question l’organisation et l’orientation de chaque pédalier.

Pour cette future refonte du FATboard, j’avais prévu d’utiliser la nouvelle version du switcher TheGigRig qui allait sortir un peu plus tard dans l’année (au mois d’avril) – et ainsi libérer mon G2 actuel pour le LIVEBoard.

Exit donc le Boss ES-8, la nouvelle mouture ici présentée allait se baser sur un « nouveau » switcher en sus de nouvelles pédales.

Objectifs

Dernier setup avec le Boss ES8 et le Preamp MKII (de septembre 2020 à juillet 2021)

Il s’agit donc de mon pédalier principal, sur lequel je dois à la fois pouvoir retrouver mes sons de bases « habituels », mais aussi pouvoir explorer et me laisser inspirer – tout en restant plug’n’play et pas trop encombrant.

Outre le G2 en pièce centrale, plusieurs certitudes m’accompagnent au début de cette réflexion :

– Le Preamp MKII sera le drive principal au vu de sa grande polyvalence
1 ou 2 dirt boost
2 étages de Fuzz, probablement des itérations de type Tone Bender et Big Muff (Le Preamp peut faire de la Fuzz Face)
– Des pédales où les contrôles principaux sont accessibles directement. Sous-entendu : ce ne sera pas l’Eventide H9 qui s’occupera des modulations et delay/verb cette fois-ci ! Je veux du potentiomètre à tourner pour tweaker et jammer facilement.

Coups d’essai

Je suis d’abord parti sur un setup plutôt orienté drive, avec 5 pédales de gain (6 si on compte la Deco), le tout complété par un octaver (Boss OC5), une plateforme multi-modulation plug’n’play (Wampler Terraform), un hybride Drive/modulation/Delay (Strymon Deco) et le duo classique Delay / Reverb avec le Fx Heartbeat Delay) et l’envoutante Neunaber Immerse.

Côté drives : Formula B Fuzz Ranger (Fuzz Face + Rangemaster), Aclam Dr Robert (Vox UL730), Crazy Tube Constellation (plusieurs Tone Bender) et la ThorpyFX Fallout Cloud (Big Muff Triangle) sont venus compléter la palette du Preamp MKII.

Bien que très content de cette configuration qui m’offrait (déjà) une belle polyvalence, j’avais quand même quelques reproches à lui faire dont le principal était le manque de presets sur les reverbs et les delays. Finalement, je m’étais bien habitué à cette facilité du H9 (que j’avais rejeté d’emblée, pour rappel 😀 )

Le lineup change donc un peu, avec la disparition de quelques saturations et avec l’intégration d’une de pédales préférées : la Strymon Volante à la place du Fx Heart Beat.

La Volante m’enchante à la fois dans les usages « simples » comme delay slap back, tape-delay mi-long un peu modulé et Spring reverb (très convaincante), mais aussi pour l’aspect planant, ultra créatif et presque thérapeutique (lisez : cette pédale me fait perdre un temps considérable au lieu de me concentrer sur les compositions 😀 ). Elle embarque en plus – et surtout ! – des presets et de prometteuses possibilités midi, en plus d’une fonction Looper : la classe à Dallas. J’y reviendrai dans un article dédié, c’est promis !

Autre grosse arrivée (retour en fait) parmi les titulaires, tant par son format que par ses possibilités, l’HX Stomp de Line6 vient décupler la polyvalence du pédalier en apportant modulations, delays et autres reverbs (je n’utilise pas les drives, ni les simulations d’amplis qui sont là « just in case »). 

Cette décision a été principalement motivée par un morceau sur lequel je « travaille » (lisez : chipote depuis des mois) qui utilise un preset qui me demanderait beaucoup trop de pédales pour le reproduire en dehors du HX. Pour ça, ajouté à ses capacités MIDI et pour les nombreuses autres possibilités qu’elle m’offre sous la main avec une relative facilité d’utilisation, elle intègre le LIVEBoard au détriment d’une pédale de gain ! Putain, je vieillis…

Autre changement : la reverb Neunaber est remplacée par la Keeley Hydra, fraichement arrivée. Pour la découvrir d’une part, mais aussi pour m’offrir la possibilité d’avoir un tremolo en fin de chaine, façon ampli Fender reverb dans le tremolo (ou l’inverse, car la pédale permet les 2). La Terraform peut ainsi servir à d’autres modulations (et la HX, même si je ne l’exploite pas spécialement dans ce domaine).

Pas de MIDI dans l’Hydra, mais la possibilité d’enregistrer 3 presets et d’activer séparément la reverb et le tremolo via câble TRS piloté par le GigRig. Solution temporaire ou en alternance, nous verrons bien dans les prochaines semaines. Elle me plait beaucoup.

Du côté des boosts et des drives, la découverte progressive du Preamp MKII me fait comprendre qu’elle va pouvoir remplacer pas mal de pédales (cf. cette vidéo très explicite de That Pedal Show) et que, finalement, cette approche « plein d’overdrives, fuzz et disto » sera plutôt développée sur le gros pédalier.

La Fuzz Ranger est remplacée par la petite AnalogMan Beano Boost (Rangemaster) tandis que la Dr. Robert quitte le board – faute de place.

Le démon de MIDI

Ça y est, le chainage validé, il ne reste plus qu’à s’occuper du MIDI dans quelques jours quand les câbles arriveront. Je profite de ces jours d’insouciance pour parcourir le manuel des différentes pédales d’une part, et profiter de ma nouvelle configuration presque terminée de l’autre.

Les cables arrivent et là… c’est le DRAME 😀

Entre les cables MIDI trop court de quelques centimètres, ou beaucoup trop long (car pas le choix de longueurs intermédiaires), les connecteurs coudés qui ne rentrent pas dans les pédales, car ils obstruent les prises d’à côté, les adaptateurs midi->jack pour la Terraform, le switcher qui ne veut rien entendre, … ça a été un peu épique !

Autant les messages PC (Program Change) passaient nickel, autant c’était autre chose pour les Control Message (CC). Malheureusement, j’ai impérativement besoin des CC avec le PREAMP et le HX !
En résumé : la Volante répond comme il faut, tandis que le Preamp MKII et le HX fonctionnent à moitié. Quant à la petite dernière, la Terraform, je m’aperçois (bien trop tarden voulant la brancher que le GigRig G2 ne permet l’utilisation que de 3 pédales MIDI maximum 😀 Putain. #RTFM

Bref, c’est mort… et j’y ai passé un temps et une énergie folle ! Malgré ses nombreuses qualités, le switcher G2 n’est pas vraiment prévu pour une intégration MIDI complexe, même si un boitier splitter MIDI Thru aurait certainement pu m’aider à ce stade.

Dépité, je parcourais ma pièce à musique d’un regard vide, jusqu’au moment où mes yeux se sont arrêtés sur le G3 qui attendait patiemment son tour dans sa boite (pour le gros pédalier).

Tout allait être beaucoup plus simple désormais. Du moins, je l’espérais !

TheGigRig G3

Le GigRig G3 est l’évolution « naturelle » du déjà excellent G2 sorti en 2013. Pour cette nouvelle mouture, ils ont intégré toutes les fonctions rêvées/demandées par les guitaristes exigeant à l’heure de 2021 :

– Gestion du MIDI entièrement revue et étendue (je vais y revenir)
– L’écran de contrôle (et la navigation simple dans un menu repensé)
– La possibilité de réorganiser facilement l’ordre des loops
– 12 boucles à la place de 10, qu’on peut décider de coupler en loops stéréos au choix pour utiliser jusqu’à 6 pédales stéréo
– Possibilité de faire du chainage parallèle
– Des fonctions momentanées sur les footswitchs
– Copier/coller de presets ultra pratique

J’en passe surement, car je n’ai pas encore exploré toutes les fonctionnalités dans le détail, mais c’est très impressionnant ! La bonne nouvelle c’est que l’aspect MIDI a été vite résolu. Le G3 fait le job que j’attendais. C’est vraiment ultra simple et les 4 pédales s’y sont connectées sans soucis.

Tout est très bien pensé, respire la qualité… mais n’est pas à l’abri d’un pépin pour autant !
La loi de Murphy accompagnant ce montage depuis le début, je m’aperçois en testant le pédalier qu’une Loop ne répond pas 😞 😭  « La faute à pas de chance », le switcher est donc reparti chez GigRig pour investigation et réparation. C’est apparemment le 1er souci de la sorte qui est rapporté à Jake du support. Fallait que ça me tombe dessus 😒 (affaire à suivre, surement dans le futur article du FATBoard 2021).

Pas spécialement refroidi par loop défectueuse pour autant, car ravi malgré tout de la machine, je commande un autre G3 pour tenter de terminer ce fichu LIVEBoard édition 2021.

Finish it !

Et quelques plus jours plus tard, c’est enfin la délivrance après 2 semaines de vaines tentatives.

Je procède à un dernier changement dans l’organisation des pédales afin que le câblage MIDI soit le plus petit possible et que tout tienne sur le pédalier. J’ai trouvé mon bonheur avec des cables MIDI qu’on peut adapter en fonction de ses besoins (Rockboard FLaX Plug) et qui ne se gênent pas mutuellement.

Autre changement : la Plumes (TS-like) remplace le Beano (Rangemaster) pour mes petits boost rapide. Ça s’intègre juste plus facilement dans mes presets avec un volume/drive qu’avec un seul volume plus difficile à gérer (et je n’ai pas toujours envie de reparamétrer un preset du PREAMP MKII juste pour une boost temporaire).

La DECO ira finalement sur l’autre pédalier, elle faisait un peu doublon niveau modulation avec à la fois la Volante pour l’aspect tape et les HX et Terraform pour les petites modulations. J’avais opté pour elle, car ça me faisait un drive en fin de chaine, mais avec le G3, je peux changer l’ordre des pédales super facilement et venir mettre n’importe quel drive en fin de chaine.

J’ai remplacé la DECO (temporairement ?) par mon fidèle ECHO600 pour des petits delays (un truc facile à manipuler, moins usine à gaz que la Volante), mais je n’exclus pas de faire tourner dans ce slot la Source Audio EQ2 (égalisateur paramétrique à presets) qui est redoutable d’efficacité dans un tout autre style.

Dans cette même optique de tournante, le spot « Big Muff » est utilisé cette fois-ci par Red Muck au lieu de la ThorpyFX – c’est selon l’humeur. La Constellation alterne quant à elle avec une Ramble Fx Twin Bender ou ma vieille EQD Tone Reaper pour des sonorités typées Tone Bender.

Conclusion

C’est la première fois que je poussais aussi loin le contrôle de mes pédales via MIDI (1 maximum auparavant) et on peut dire que ça aura été… instructif ! 😀 J’aurais bien voulu conserver mon G2, mais clairement ce n’était pas possible cette fois-ci ; pas faute d’avoir essayé !

J’avais de grosses appréhensions aussi avant de m’attaquer au MIDI, mais au final, c’est plutôt simple avec le « bon » switcher 😀

Le G3 est parfait en tout point, si on met de côté mon souci technique, c’est une totale réussite. Ils ont pensé à tout et cela rend la programmation vraiment plus facile, à condition de bien maitriser également les pédales qu’on veut piloter. Je ne regrette pas d’en avoir pris un deuxième (je n’avais de toutes façons pas le choix, car j’aurai beaucoup de MIDI à gérer aussi sur le FATBoard). 

Comme toujours, ça risque de varier un peu selon les envies, mais voici le chainage définitif de cette version 2021 (sachant qu’on s’en fout un peu de l’ordre vu qu’on peut réorganiser les loops, mais que c’est plus simple de les mettre dans un ordre cohérent dès le départ – évidemment.) :

1. BOSS OC5
2. EARTHQUAKER DEVICES PLUMES
3. CRAZY TUBE CONSTELLATION (ou TWIN BENDER / TONE REAPER)
4. CHASE BLISS PREAMP MKII
5. LINE6 HX STOMP
6. JAM PEDALS RED MUCK MKII (ou THORPY CLOUD FUZZ)
7. WAMPLER TERRAFORM
8. MALEKKO ECHO600 (ou SOURCE AUDIO EQ2)
9-10. KEELEY HYDRA (stéréo)
11-12. STRYMON VOLANTE (stéréo)

Les emmerdes se sont succédé, mais je suis très content du résultat final !

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mxv