Voilà ce qui se passe quand mon récent virus Gretsch croise l’acier de Loic Le Pape : une Gretsch-like signée du luthier français !
C’est en parcourant le site de Loic à la recherche d’information pour rédiger mon billet sur sa Jazzmaster que j’en suis arrivé à m’intéresser à cette guitare aux formes peu singulières ! Littéralement envouté par ses charmes, il n’a pas fallu longtemps pour que l’une d’entre elles n’atterrisse dans mon harem.
Histoire improbable
Bo Diddley, habitué des guitares aux formes incongrues, dessina 3 guitares pour un employé de Gretsch (à titre personnel) en 1959. Cet employé termina les corps originaux en leur greffant des manches de guitares de la marque. L’une d’entre elles, la Jupiter Thunderbird, fut par la suite offerte Billy Gibbons, le guitariste barbu de ZZ Top.
Ne la sortant qu’en de trop rares occasions par précaution (et conscient de sa rareté), Gibbons décida seulement début 2000 de demander à Gretsch de lui faire une reproduction de sa guitare fétiche. Le truc, c’est que Gretsch n’avait officiellement jamais produit cette guitare ! Après analyse minutieuse de l’originale (dont des IRM pour voir la conception intérieure du corps), Gretsch sortit la G6199 « Billy Bo » Jupiter Thunderbird en 2005.
Depuis, outre Billy Gibbons, Jack White a rejoint les adeptes du modèle. Comme si j’avais besoin de ça en plus pour être convaincu
Déclinaisons
Loic Le Pape s’est donc emparé de la légende et décline depuis plusieurs années la Jupiter à sa sauce.
Je craquais clairement pour la première (blanche/or « White Falconisée ») et la dernière verte. Par un heureux concours de circonstances, j’ai eu le choix entre les 2 derniers modèles à l’occasion !
Si la configuration double micro et le bigsby m’intéressaient plus sur la grise, l’aspect pur rock’n’roll et mono-micro, ainsi que l’ouïe sur le corps (si précieuse pour jouer du feedback !) m’ont fait pencher pour la Seafoam Green.
De quoi ça s’agit ?
Riley possède donc un corps en métal reliqué muni d’un manche fait d’acajou, à touche palissandre avec repères dots et binding. L’unique micro est un TV Jones PowerTron, piloté par un volume et une tonalité.
Ça sonne grosso modo à mi-chemin entre un micro Gretsch standard et un humbucker Gibson vintage. Le micro est très dynamique, ce qui permet de doser assez facilement le taux de saturation des notes. Naturellement, le micro a tendance à saturer pas mal avec des attaques franches, mais il réagit très bien aux variations de volume et permet, finalement, beaucoup de nuances de jeu. Il y a plus de médiums que dans le SuperTron ou le Classic +, c’est indéniable. Une variante très intéressante, à la limite de ma « tolérance de saturation » en matière de humbucker (ou assimilé) (*)
A fond les ballons, ça cartonne : pas de concessions, on est dans les rock’n’roll, blues rock, punk et autres variantes. C’est jouissif.
Avec des nuances, on peut faire d’autre chose, mais à quoi bon ? L’orientation est clairement rock : autant rester dans son domaine de prédilection. Le manche est HYPER agréable, le feeling est instantané ! C’est de la bombe, babe !
Voici 2 vidéos d’un de ses utilisateurs précédents :
Le modèle original possède également un cordier stylisé et vieilli du plus bel effet. Même si j’avais décidé de lui placer un système de vibrato Bigsby, je dois concéder que cela avait tout son charme !
Petit bémol cependant : du fait de la caisse creuse à ouïes propice aux résonances diverses, et aux diverses pièces artificiellement vieillies, la belle était sujette à moult parasites. Quelques vibrations qui me semblent néanmoins inhérentes à ce type de finition.
Pimp my guitar
J’ai identifié d’où provenaient les maux et j’ai fini par retirer le pickguard et par remplacer le chevalet. Ce dernier était un peu trop reliqué et faisait vibrer certaines cordes sur les attaques trop franches. La dernière source de parasites, comme sur toutes les guitares de ce type, provenait de la zone de cordes entre le chevalet et le cordier. Pour empêcher les cordes de résonner au-delà du chevalet, j’ai placé un bracelet en tissu autour de manière à ce qu’il les touche toutes, et fasse l’équivalent d’un palm-mute.
Terminé les parasites, la belle est prête à faire rugir « proprement » :p
Je lui ai juste ajouté mon artifice préféré, à savoir un bon vieux Bigsby, et le tour était joué !
Conclusion
Une machine à rocker au look aussi unique que dévastateur. On ne pas rester insensible : on aime ou on déteste, vous aurez compris aisément de quel coté je me situais
Encore une très belle réalisation du luthier français, ma 2ème Le Pape à l’ADN Gretsch me ravit, tout simplement. Elle apporte une nuance supplémentaire dans mon rig, avec son caractère bien trempé et son orientation carrément roots.
Un coup de bol indéniable d’avoir pu en acquérir une d’occasion !
(*) Grosso modo, je suis pro « single coil » et P90, avec une tendresse pour les sonorités Gretsch et un niveau de saturation/compression du son de micros allant jusqu’au PAF vintage de Gibson (les Classic 57 de Lena par exemple.) Au de la, c’est trop le grain est trop « moderne » pour moi. Par ailleurs, j’aime autant attaquer différents niveaux de saturations (pédales de gain, fuzz et autres amplis) avec la source la plus clean et incisive possible ; chargeant le signal de « gras » à ma guise à coups de pédales et autre dosage de gain élevé.