Cela fait maintenant presque deux ans que je possède le Canon RF 200-800mm F/6.3-9 IS USM et il est grand temps que je vous en touche un petit mot sur le blog !
Si je lui préfère souvent des options plus compactes ou ergonomiques (comme le RF 100-500 ou le combo RF 70-200+TC2X), la possibilité/nécessité de pouvoir aller un peu plus loin se fait souvent sentir lorsque je m’adonne aux joies du Birding, la photographie d’oiseau.
Pour ce faire, un zoom pouvant atteindre 800 mm s’apparente à un must-have.
CARACTÉRISTIQUES
L’objectif replié mesure 31 cm et s’étend jusqu’à 40,4 cm à fond de zoom. Il affiche 2050 grammes sur la balance, un poids important, mais raisonnable pour ce type d’objectif. On ne peut malheureusement pas retirer le collier du pied, ce qui aurait pu alléger l’ensemble en balade.
Il est muni d’une grosse bague de zoom dont on peut ajuster la dureté via la bague suivante intitulée « smooth – tight ». En ce qui me concerne, elle aurait pu encore aller plus loin dans le smooth, car j’adore la capacité de zoomer/dézoomer ultra rapidement 😬

Nous avons ensuite un bouton et une bague programmables à laquelle on peut assigner les fonctions que l’on veut.
Pour ma part, j’ai mis l’enregistrement du point AF sur le bouton et la mise au point sur la bague.
L’objectif est tropicalisé et résistera à de petites pluies, même si la prudence reste toujours de mise avec des zooms externes.
À l’intérieur, on notera la présence d’un moteur nano-USM pour un autofocus rapide et silencieux et d’une stabilisation d’image de 5,5 stops – indispensable avec une telle portée.
Deux sélecteurs permettent d’activer cette stabilisation (on/off) et de choisir entre autofocus et focus manuel (AF/MF). Il n’y a pas de sélecteur de mode de stabilisation ni de l’imitateur de plage focale, comme sur le RF 100-500.
La distance minimale de focus est de 80 cm à 200 mm et de 3,3 mètres à 800 mm. À prendre en compte ☝️

Retrouvez toutes les spécifications sur le site de Canon ici.
Contrairement à ce que sa couleur blanche laisserait sous-entendre, le RF 200-800 mm ne fait pas partie de la prestigieuse série L (les meilleurs objectifs de Canon). Le choix du blanc à la place du noir a été justifié officiellement pour réduire l’accumulation de chaleur sur l’objectif.
Moi, je trouve surtout que ça le rend plus visible, une chose qu’on apprécie moyennement quand il ne faut pas trop se faire remarquer en photo animalière 😅
SHARP, RÉACTIF & PRÉCIS
S’il ne fait pas partie de la série L, le 200-800 a de beaux arguments à faire valoir et un comportement assez exemplaire sur le terrain.
Combiné au R5 mark II, l’autofocus est précis, très réactif et accroche bien les sujets, même dans des conditions difficiles et contre-jour. Il est au niveau du RF 100-500 et RF 70-200 Z de ce côté-là.
Le piqué est vraiment très bon sur l’ensemble de la course du zoom, en ne faiblissant légèrement qu’à 800 mm. Notez qu’à ces longues distances, le problème de netteté peut également venir de perturbations atmosphériques qui vont détériorer la netteté de vos photos.
À main levée, il faut également faire attention à ne pas baisser trop la vitesse d’obturation. Je descends rarement en dessous de 1/1000 ou 1/800, au risque d’avoir du flou de bougé.
Si on fait attention à ces petits détails, la qualité est bien au rendez-vous !
Il y a quelques aberrations chromatiques qui apparaissent lorsqu’on crame un peu les hautes lumières, mais l’ensemble est assez maitrisé. La résistance au flare est assez bonne et le vignetage est plutôt minime.

F/9 : LE COMPROMIS ANNONCÉ
Pour contenir le prix et le poids de l’objectif, Canon a-t-il sacrifié l’ouverture du RF 200-800 comme on pourrait le croire ?
C’est sûr : ce n’est pas l’objectif le plus lumineux et il faudra probablement monter un peu plus dans les ISO qu’à l’accoutumée dans les situations de basse luminosité.
Mais dans les faits, la concurrence ne fait mieux que d’un tiers de stop avec F/8 à 800 mm chez Sony (FE 400-800mm F/6.3-8 G OSS), ce qui est assez marginal au final. Quant aux ouvertures F/6.3 « habituelles » des 600 mm, elles passent aussi à F/9 si on leur met un teleconvertisseur 1.4x pour arriver à 840 mm.
S’il y a eu des débats à sa sortie, les tests terrain ont montré que de la plupart des situations, le RF 200-800 faisait le job ! Les montées en ISO ne sont plus aussi problématiques que par le passé et il existe de puissants outils pour éliminer le bruit numérique engendré.
Voici l’évolution de l’ouverture sur la course de zoom :

ndlr : l’ouverture F/7.1 du 100-500 a aussi fait débat à sa sortie 😅
Maintenant, c’est sûr que si vous photographiez principalement au crépuscule ou au coucher du soleil, il faudra peut-être opter pour une autre référence… ou faire péter la banque pour un 400 mm f/2.8 à 13000 boules 😬
Il s’agit à ce jour du seul zoom longue portée (au delà de 500 mm) pour le sport et l’animalier disponible nativement sur la monture RF. À moins d’opter pour un adaptateur et un Sigma 150-600 monture EF, il n’y a pas trop le choix de toute façon.
Les objectifs plus lumineux et financièrement « accessibles » (à l’échelle de Canon… 🙄) ont des focales bien plus courtes (comme le 70-200). Il faudrait donc se rapprocher du sujet via un affut et/ou passer au format APS-C pour gagner le coefficient 1.6x.
POLYVALENCE
La plage focale, c’est vraiment sa grande force ! C’est l’arme ultime en animalier.
800mm, cela permet de cadrer serré sur de petits passereaux pas trop loin avec une belle compression des plans et un joli bokeh (qui détache bien le sujet de l’arrière plan) ou d’aller chercher un détail à distance.
J’apprécie de pouvoir revenir dans la plage 200–400 mm, notamment pour les oiseaux en vol où on perd vite son sujet.
Je préfère largement cette plage de 200-800 avec un tiers de stop de lumière en moins, que devoir me limiter de 400-800mm à F/8 sur un Sony (qui est plus lourd et plus cher d’ailleurs). Dans ce match des zooms qui vont jusqu’à 800 mm, c’est avantage Canon pour ma part.
Je le trouve aussi assez maniable, malgré sa taille et son poids, même si je préfère le confort des zooms à conception interne.
VERDICT : TOP RAPPORT QUALITÉ/PRIX 👍
Le RF 200-800mm F/6.3-9 IS USM est l’une des meilleures solutions qu’il existe lorsqu’il s’agit de photographier des oiseaux ou des sujets éloignés.
Il faudra néanmoins de bonnes conditions lumineuses pour en profiter pleinement, ou accepter une montée en ISO et quelques retouches derrière.
Il se couple à merveille avec les derniers boitiers de Canon pour un autofocus incroyable et une stabilisation encore plus efficace.
Les images sont très bonnes à 800 mm et elles satisferont le commun des mortels que nous sommes. Il ne faut simplement pas s’attendre au niveau d’un gros téléobjectif à focale fixe série L.
Au petit jeu des classements, si un RF 600 f4 (même avec le TC1.4x) récolte 10/10, le RF 100-500 serait à 9/10 et le RF 200-800 à 8/10 – soit une qualité équivalente aux diverses références de téléobjectifs animaliers toutes marques confondues (Sony 200-600, Sony 400-800, Nikon 180-600, Sigma 150-600, …).
À 2490€ neuf (à l’heure de rédiger ces lignes), c’est moins cher que le Sony 400-800 et pas tellement plus que les zooms allant jusqu’à 600 mm. Je pense que le prix correct. Je n’en vois pas beaucoup sur le marché de l’occasion, je me dis que les gens doivent en être contents 😇
N’oubliez pas que Canon organise généralement 2 voir 3 actions promotionnelles sur l’année (cashback souvent), que vous pouvez cumuler avec les avantages de vos magasins préférés et autres soldes ou black friday. Je l’ai personnellement touché neuf à 2100€ chez IPLN.fr, assorti d’une garantie de 3 ans supplémentaires. Cela vaut donc clairement la peine d’être un peu patient(e) ! (ou de viser l’occasion, si vous en trouvez un).
CHOISIR ENTRE LE 100-500 & LE 200-800
Je n’ai pas dû me poser la question à l’époque où j’ai acheté le RF 100-500 car le RF 200-800 n’existait pas 😅 Aujourd’hui, je trouve que c’est un sacré dilemme qui attend les fans de photo animalière !
Chacun donnera son ordre d’importance à ces critères, mais voici les questions à se poser :
- Avec quel appareil je vais travailler ?
Sous-entendu, avec quel type de capteur vais-je utiliser l’objectif ? Le plein format offre les meilleurs rendus, plus de lumière et souvent de meilleures performances générales. Les capteurs APS-C bénéficient quant à eux d’un facteur de recadrage de 1.6x, qui est un point non négligeable en animalier.
C’est comme avoir un téléconvertisseur intégré et cela augmente la portée de l’objectif. Le RF 100-500 mm se transforme ainsi en 160-720 mm et le RF 200-800 passe à un équivalent plein format de 320-1280 mm !
On espère que Canon nous sortira un jour un APS-C d’un niveau pro, une déclinaison du R5 mark II APS-C (pour un futur R7 mark II ?)
- Qu’est-ce que je vais photographier ?
Plus l’animal est petit et craintif, plus la distance focale est importante. Pour faire des oiseaux ou des animaux éloignés, le 200-800 aurait forcément mes faveurs, surtout sur un capteur plein format.
Si je prends le RF 100-500 ou le combo RF 70-200 Z + TC2X (qui m’amène à 400 F/5.6), je suis bien souvent trop loin de mes sujets pour avoir un cadrage intéressant. Je dois forcément intégrer un peu plus d’environnement (et ce n’est pas toujours joli… 😅)
- Où/comment vais-je photographier ?
Balade ou affût, c’est à vous de déterminer si vous utiliserez plus votre kit à main levée ou sur trépied.
Un monopode peut aider lors de la prise de vue en balade, mais c’est aussi un poids supplémentaire à transporter sur les kilomètres à parcourir.
À l’affût, c’est différent : un trépied rend les manipulations plus faciles et le poids forcément moins gênant ! (NB : avec le 200-800, il faudra prendre garde de ne pas alerter vos sujets en faisant bouger la tente avec le zoom qui s’étend ☝️)
- Avec quel poids/encombrement suis-je confortable ?
En ce qui me concerne, le confort prime, sinon la passion passe. Mon setup Nikon Z8 en avait fait les frais : à 3,3 kg le kit avec le 180-600 mm, c’était trop pour moi 😮💨
Après l’expérience Z8, j’ai définis que ma limite de confort personnel en balade avec une utilisation à main levée sur une demi-journée, tournait autour +/- 2.7 kg pour le kit appareil + objectif, sans compter le sac à dos. Donc, même si je préfère la légèreté et la maniabilité du RF 100-500, ca passe quand même avec le 200-800 et le R5 II (tout juste 😇).
680 grammes de différence (avec les colliers, qu’on peut retirer sur le 100-500, mais pas sur le 200-800), cela reste quand même significatif.
Cela dépend donc du poids que vous êtes prêt à transporter pendant vos sessions.
Respect aux (fortunés) passionnés qui ont le courage de se farcir le poids d’un 600 mm f4 : je ne n’aurais aucun plaisir à manipuler un engin de ce poids autre part qu’en affût sur un trépied (c’est-à-dire pas très souvent au final…).
- Qualité d’image ou polyvalence ?
Si vous privilégiez absolument la qualité d’image, le RF 100-500 vous offrira les meilleurs résultats, avec des microcontrastes nettement plus fins que le 200-800. Ce n’est pas spécialement plus piqué, mais plus homogène sur l’ensemble du cadrage, un peu plus lumineux, et tout simplement plus quali.
Le RF-200-800 n’est vraiment pas loin derrière et la qualité devrait largement suffire à la majorité des amateurs passionnés. La polyvalence arrive avec quelques compromis très acceptables à mon sens.
Bref, qu’est-ce que je choisirai ?
Si je ne devais en posséder qu’un des deux :
– Sur un plein format, je prendrais le RF 200-800, quitte à m’équiper d’un monopode en balade.
– Avec un capteur APS-C, je « me contenterai » d’une portée de 720 mm avec le RF 100-500 pour plus de maniabilité et de légèreté.
Et si j’avais le budget pour acheter les deux ?
Oui, bonne idée (petit chanceux), d’autant plus si vous jonglez entre un boitier plein format et un APS-C.
Par contre, si vous n’avez qu’un plein format (pauvre de vous 😜 lol), je prendrais le RF 200-800 pour la portée maximale et j’opterai plutôt pour… le combo 70-200 F/2.8 Z avec le teleconvertisseur 2x (pour faire 140-400 mm F/5.6) en complément.
Quitte à être « trop court » (400 mm ou 500 mm), autant avoir la possibilité d’être vraiment plus lumineux à l’affut avec 400 mm F/5.6 ou 200 mm F/2.8 – à condition d’arriver à se rapprocher de nos sujets.
Si on veut cadrer plus serré dès la prise de vue, il y a toujours l’option d’activer le mode APS-C pour bénéficier du crop de 1.6x, soit 640 mm F/5.6 (avec une taille de fichier beaucoup plus petite, environ 17 megapixels sur un R5 mark II par ex, il ne faudra par contre pas espérer recadrer des masses au développement.)
En plus de vous proposer plus de polyvalence et de luminosité, RF 70-200 Z a l’avantage d’être un zoom interne et est beaucoup plus confortable à utiliser que le RF 100-500 mm. En combo avec le TC2X, il est même 200 grammes plus léger !
Pensez-y deux fois … et adios la moula 💸 😂
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