Après avoir tiré le bilan (record) des récoltes, voici le moment d’aborder les leçons retenues de nos loupés et de nos réussites.
« Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends » disait Mandela.
Et bien on a encore appris quelques trucs cette année, malgré les 382.5 kg récoltés ! 😅
LEÇONS RETENUES
✓ ÉQUIPEMENT À SEMIS
Lorsque vous commencez à prendre le potager un peu sérieusement, c’est un vrai confort d’investir dans un peu de matériel pour faire des semis de compétition. L’appui de fenêtre : c’est pas mal, mais quelques barres de LED, c’est franchement mieux !
Après des montages un peu scabreux l’année dernière, je me suis fait plaisir avec une étagère à LED et une série de plaques alvéolées rigides de différents calibres. (ndlr : j’aurais pu compléter l’installation avec un tapis chauffant, mais je n’en ai pas eu besoin à ce stade.)
Cela m’a permis d’enchainer les semis du début de saison tout en laissant certains plants grandir davantage pour les repiquer à bonne dimension (typiquement, les courgettes et les choux, pour éviter qu’ils ne se fassent dégommer par les baveux).
Gain en place, en temps, en facilité et en praticité : c’est validé 👌
❌ RYTHME DES SEMIS
Il faut par contre anticiper le temps de germination et de développement des plantules pour s’assurer une production continue – notamment dans les tours de cultures (cresson, cerfeuil, salade, …).
J’ai clairement manqué d’application et on s’est retrouvé avec des tours de culture vides pendant plusieurs semaines. J’ai retenu la leçon pour la saison prochaine 😔
✓ VENTILATEURS DANS LA SERRE
Installés en cours de saison pour gérer les vagues de chaleur, les ventilateurs ont également été bien utiles pour la pollinisation et la gestion de l’humidité.
Le soleil ne donnant pas sur la serre en début de journée, je les faisais tourner à l’aurore pour aider la condensation à s’évacuer (6h-8h), puis un peu plus tard, au plus chaud de la journée (vers de 12h à 16h), pour rafraichir les plantations.
Munis d’une solide pince, on peut fixer les ventilateurs sur la structure tubulaire de la serre ou sur n’importe quel support du même type. J’ai recyclé un pied de micro à cet effet, afin d’avoir un ventilo « facilement » déplaçable en cas de besoin.

Les ventilateurs sont connectés à un multiprise intelligent, connecté au wifi, qui intègre des capteurs de luminosité, de température et d’humidité de l’air et du substrat.
Je peux allumer les différentes prises de courant en fonction de plage horaire, d’un taux d’humidité ou d’une certaine température. C’est ultra pratique !
Ce système étant initialement prévu pour la culture d’intérieur, je ne sais pas trop comment il va se maintenir dans la durée et les conditions extrêmes rencontrées sous la serre (jusqu’à 90% d’humidité, multiprise en plein soleil, gros delta de température, …).
Je vous en parlerai plus en détail lorsque j’aurai fait deux saisons complètes sous serre, afin de valider la solution.
❌ AÉRATION INSUFFISANTE
Malgré tout, les ventilateurs n’ont pas été suffisants et 50°C ont été atteints plusieurs fois. La production ne s’en est pas trop fait ressentir, mais les tomates ont vraiment pris cher. Beaucoup de bouquets de fleurs ont coulé et on a clairement été pénalisé.
Il faut impérativement que je trouve un système pour ouvrir les portes arrière de la serre sans que les poules et rongeurs éventuels ne puissent rentrer.
Objectif 2026 = courant d’air 😬

✓ SEMIS DE CAROTTE
Après les galères de l’année dernière, j’ai été récompensé par mes efforts d’arrosage quotidien pendant la phase de germination cette année : tous les semis ont fonctionné !
Certes, le premier semi d’avril s’est fait ratiboisé par les oiseaux – mais il a levé avant de nourrir les volatiles 😂
L’humidité, c’est la clé !

✓ PALISSAGE & TAILLES DES TOMATES
En plus de la chaleur, le taux d’humidité est un vrai challenge à gérer dans une serre aquaponique. Il était important de maitriser les tomates afin d’éviter les buissons incontrôlables propices au développement du mildiou.
J’y suis allé un peu à l’instinct, avec une taille que je qualifierai de « maitrisée », qui a pu contenir la vivacité des plants tout en gardant une bonne aération.
J’ai taillé sur 3 branches, en effeuillant dans les parties trop concentrées et en écartant les branches au maximum sur les différentes structures.
J’ai en effet palissé les branches dans de robustes filets suspendus dans la serre et support en bambou, ce qui fut aussi utile pour maintenir les bouquets de tomates sans trop forcer sur les tiges.
Il y a surement moyen de faire mieux, mais les maladies ont été contenues cette année. C’était positif 👍
✓ MÉLANGE BICARBONATE + SAVON NOIR + HUILE DE NEEM
Pour une action plus intensive et plus globale, j’ai boosté le mélange « traditionnel » de bicarbonate et savon noir avec de l‘huile de neem.
Cette huile extraite du margousier possède de multiples vertus et agit à la fois comme un lustrant foliaire, un agent insecticide et un antifongique.
Les résultats furent immédiats sur les plants attaqués en début de saison, tandis que les choux – si sensible aux attaques – ont été relativement préservés (voir plus bas).

Sans avoir testé dans des « conditions scientifiques », je dirais que le mélange est plus efficace avec l’huile de neem (par rapport aux autres saisons, mais une année n’est pas l’autre). Il faudrait que je traite certains plants avec et d’autres sans pour faire un vrai comparatif, mais ai-je vraiment envie de m’embêter à ma petite échelle? 🤔 😜
De votre côté, cela reste une option à envisager si votre popotte habituelle ne fonctionne plus 🧙
✓ TESTS D’IRRIGATION AUTOMATIQUE
Afin d’assurer la bonne santé des plants « sensibles » pendant nos absences (tomates, courgettes, courges, … ) , j’ai fait quelques tests plutôt positifs avec des arrosages automatiques.
Je suis parti sur un minuteur intelligent Gardena, relié à un sélecteur automatique qui peut envoyer vers 6 voies d’eau en alternance. A cela, j’ai connecté 4 lignes d’arrosage microperlé qui font le tour des principales lignes de plantation des planches.

Cela ne remplace pas un bon arrosage hebdomadaire sur les plants gourmands en eau, mais cela a clairement fait le job pour la majorité des cultures.
✓ CHOUX SANS PROTECTIONS 🐛
Le potager se situe à l’avant de la maison et je tiens à ce que la devanture reste accueillante et la plus jolie possible. Il est donc hors de question que j’y installe des voiles de protection, certes utiles, mais ô combien disgracieux.
C’est donc au culot que j’y suis allé, malgré toutes les contre-indications à procéder à des cultures de brassicacées sans protections.


Ce fut presque parfait ! À peine quelques morsures ci et là, mais rien de grave !
Je dois quand même confesser un abus de confiance à la mi-juillet. Alors que je pensais en être quitte des limaces, elles m’ont dégommé les choux de Bruxelles sur 3 jours de temps. Bilan : 2 plants (et demi…) rescapés sur 10 plantés.
Quel délice le chou frais en tout cas 🔥 Qui plus est, notre choupinette dévore du brocoli vapeur un repas sur deux, alors autant mettre le paquet sur cet excellent aliment pour la santé !
Il faudra confirmer l’année prochaine pour apprécier la réussite de cette saison.
Revers de la médaille : les choux, ca prend pas mal de place, il va falloir faire des choix !
❌ QUANTITÉ À PLANTER 🤏
Si les pommes de terre ont explosé des records (82 kg), j’ai mal estimé nos besoins de certaines cultures vu les excédents de production de l’année passée (oignons, haricots, poireaux).
Je vous le donne en mille : nous avons évidemment fini par manquer d’oignons et haricots, mais aussi d’ail et d’échalotes. Il va falloir trouver un juste milieu 😬
Je n’ai pas fait assez de courges (butternut et potimarron) pour notre consommation hivernale et, même si on a conscience qu’on n’aura jamais assez de tomates pour tenir toute une année avec des conserves, j’aimerais arriver à augmenter les rendements d’une manière ou d’une autre (même si c’était déjà pas mal avec 33.4 kg sur 14 plants cette année).
J’ai encore abusé avec les radis noirs en fin de saison (certes, je voulais finir le paquet de graines…) : un mètre linéaire suffit à notre consommation. J’aurais dû faire plus de brocolis à la place 😅
J’ai par contre trouvé la bonne formule avec les courgettes : 3 plants mis en terre aux Saints de Glace (qui donnent bien jusqu’à fin juillet), puis on relance un semis début juillet avec 3 autres plants terminer la saison sur les planches libérées par les pommes de terre. Juste ce qu’il faut pour notre famille de 3.
✓ SAV MYFOOD & ASSURANCES 👍
On s’est pris un coup de grêle fin juin et le verre trempé n’a pas résisté.
Dans l’urgence, j’ai d’abord placé de la bâche maraichère et des sacs poubelles pour étanchéifier la serre (le module électrique est juste en dessous du trou, évidemment 😅).
On a ensuite été faire couper un PVC transparent aux dimensions de la vitre, en attendant la livraison de la nouvelle fenêtre la semaine d’après.
C’était l’occasion de tester la réactivité du service après-vente de Myfood (10/10) et de se rappeler de l’importance d’avoir une bonne assurance qui couvre le jardin quand on y fait des investissements de la sorte.
Vivement la saison prochaine 🔥 🌱
![[ MXV ] Max's Blog](https://mxv.be/wp-content/uploads/2022/09/MXV-banniere-22a.png)
