Dans le panthéon des amplis qui ont fait la légende de la basse, l’Ampeg B 15N tient une place particulière. Son concept révolutionnaire pour l’époque et son son particulier l’ont propulsé au statut de référence, que l’on voyait pour ainsi dire dans tous les studios et concerts de l’époque.
Un bout de légende, que j’ai pu acquérir à mon plus grand plaisir.
De quoi ça s’agit ?
Le concept du B-15N Portaflex, dit fliptop, réside en un combo basse à lampes, dont la magie du son provient de la combinaison des lampes 6SL7 du préampli, des transformateurs et du baffle 15″ pouces Eminence spécialement étudié.
L’ampli possède 2 canaux : normal et bright, chacun munit de 2 entrées.
Chaque canal est contrôlé par 1 volume ainsi qu’un tandem Treble et Bass pour l’égalisation.
2 switchs par canal complètent la face avant : ultra high et ultra low, boostant (très légèrement) les aigus ou les basses.
En face arrière, la tête possède 2 sorties speaker (une interne pour le 15 pouces Eminence, et une externe) ainsi qu’une sortie Amp au niveau line, pour aller directement dans une table de mixage ou ponter dans un autre ampli derrière par exemple.
Histoire
En 1960, la mode était aux amplificateurs de type combo, intégrant ampli et baffle dans le même caisson. Le cab spécifique du B15n étant closet-back (complètement fermé à l’arrière), le problème était que l’ampli chauffait beaucoup lorsqu’emprisonné à l’intérieur.
Le concepteur Jess Oliver eut alors l’idée d’une tête réversible (d’où son surnom de fliptop) : à l’extérieur en utilisation live, et à l’intérieur pendant les transports. Une idée révolutionnaire pour l’époque qui va asseoir un peu plus la renommée du B-15n.
Outre son concept avant-gardiste, l’Ampeg a su se distinguer aussi bien en son clean qu’en overdrive crémeux pour basse. C’est d’ailleurs un détail amusant de l’histoire de l’ampli : Mr. Hull (le fondateur d’Ampeg) détestait le rock & roll et la musique qui allait trop fort. Quand on sait désormais que la distorsion naturelle de son ampli « de base » a donné naissance à une sonorité typique de la basse rock, c’est un peu ironique
Le B-15n a subi quelques modifications au cours de son histoire ; parmi les plus importantes variations, on peut noter :
– le B-12N : version 12 pouces, moins encombrante
– le B-18N : version 60 watts et speaker 18″
– BT-15 : version à transistor
Pour en savoir plus sur l’histoire de l’ampli, je vous invite à lire cette excellente interview (en anglais) des personnes à l’origine de la réédition « Heritage » du B-15N, sortie en 2011.
Sonorités & utilisation
Une fois n’est pas coutume, il s’agit d’un ampli ayant appartenu à David, mon compère de recherches musicales dans Hard Stuff Box. Il en possédait 2 versions différentes et s’est résolu à se séparer d’un de ses bijoux… que je me suis pressé d’acquérir !
Une chose mentionnée dans l’interview citée ci-dessus que nous avons pu constater sur les 2 modèles de David : ils sonnent de manière légèrement différente, tout en partageant la tonalité typique des B-15N.
Le mien était légèrement plus perçant dans le mix en clean, avec un son un peu plus aigu ; tandis que l’autre avait un peu plus plage avant la saturation et avait un peu plus de présence de manière générale (low mid particulièrement).
Si c’est dans son cab spécifique que la bête est la plus jouissive, je l’utilise également branché dans le Torpédo Live avec une simulation du 8×10 Ampeg (The Fridge). Le résultat est plus que satisfaisant.
Je l’utilise principalement pour faire les pistes basses distordues, en duo avec une prise directe dans une tranche (dans le LA-610 la plupart du temps). C’est une astuce désormais bien connue que de mixer une piste basse « clean » avec son équivalent distordu (moins fort), afin de faire ressortir différentes harmoniques et accroitre la présence dans le mix de la basse… Et la petite fait bien le boulot ! (tu m’étonnes )
Upgrade Heritage ?
Après avoir lu l’interview des créateurs de la réédition, j’en suis venu à me dire que leur intégration de 2 des versions les plus prisées des circuits ( ’64 B-15NC et ’66 B-15NF) n’était pas une mauvaise chose en soit
De fait : les switches de façade ultra-hi/lo ne servent pour ainsi dire à rien, les 2 canaux sont assez proches (pour ne pas dire identiques – en tout cas, c’est subtil). Il sonne (très) bien, mais il pourrait en faire plus
J’envisage d’ici quelques mois de faire quelques modifications sur mon modèle original pour me donner encore plus de variations de ce son aussi sublime qu’envoutant. Pour 2015 va-t-on dire