14 féb 2010

Projet Custom Fender Telestrat

Type : blog - Cat. : musique // Lectures : 2756

Fender Telestrat Custom

 

L'idée initiale du projet consistait à me faire monter et customiser une guitare de type stratocaster par un luthier afin coller parfaitement à mes goûts en matière de confort et de son. Dans l'optique de me garantir une grande polyvalence parmi les sonorités que je préfère, j'ai opté pour une config de micros originale avec une série d'options complémentaires telles qu'un chevalet tune o matic équipé d'un piézo ainsi qu'un killswitch et différentes options de split et de combinaisons de micros.

Sachant grosso modo vers quoi m'orienter niveau électronique, j'ai d'ores et déjà commandé les différents micros qui proviendront principalement de chez Seymour Duncan à l'exception du piézo, à savoir  :
- P90 Stack STK P1 splittable au neck,
- Lipstick SLS-1 reverse wound au centre,
- Humbucker SH4 au bridge (splittable aussi),
- Piezo Powerbridge dans un Tune O Matic de la société Fishman.

Après avoir acheté d'occasion une Fender en guise de lutherie de base et réceptionné une partie de la configuration micro, j'ai entamé les discussions avec Jacques Bolaers, mon luthier, pour m'assurer de la faisabilité du projet.

Il s'est avéré que la pose du Tune O Matic à la place du chevalet "strat" traditionnel allait nécessiter de reboucher une partie du corps et que le résultat final risquait d'être décevant. C'est alors qu'en cherchant dans les recoins de l'atelier, nous sommes tombés sur un corps de télécaster en aulne 1 pièce (réalisé il y a plusieurs années par Jacques) qui allait faciliter l'intégration des différentes options prévues. Après 2 jours de réflexion, je confirmais ma réservation du corps.

J'ai ensuite planché sur les différentes possibilités sur photoshop aussi bien en matière d'esthétisme que de disposition des fonctionnalités. Voici le résultat annoté :

 

Fender Telestrat Custom

 

Commençons par le corps télécaster blanc et pickguard tortoise. J'ai dessiné ce dernier à partir de plusieurs modèles de pickguard de chez Fender : le haut façon Stratocaster, le bas (côté manche) manière Télécaster Standard et l'opposé (côté jack) tel que sur les grands pickguard équipant les Télécaster Custom. Le corps sera muni de plusieurs découpes rappelant la Stratocaster : une défonce sur la table (pour le confort du bras), une autre à l'arrière du corps (pour la panse :p) ainsi qu'un accès aux aigus amélioré par un rabotage du talon  (jonction corps/manche).

Le manche à la touche palissandre est composé de 21 cases et de frettes médium jumbos. Il est assez vintage, de marque Fender (US) et provient également des pièces de rechange de l'atelier de Bolaers.

Niveau électronique, outre les 3 micros précités, on retrouve un sélecteur 5 positions comme sur les Stratocaster ainsi que 2 switchs destinés à splitter le SH4 et le P90 très facilement. Ces deux derniers se situent en dessous du micro bridge, à l'instar de ce qui avait été fait sur ma Duesenberg SPS pour splitter les combinaisons de micros lipsticks.

Pour contrôler l'électronique, on retrouvera 4 potards sur la future TeleStrat :
- 1 volume général pour la configuration électrique,
- 1 volume pour le piezo,
- 1 tonalité générale pour l'intonation de la guitare,
- 1 potard de sélection de modes d'utilisation.

Le fait d'avoir un volume pour l'électrique et un autre pour le piezo va permettre de combiner les deux styles de captation (ou non) : soit uniquement la config électrique, soit uniquement le piézo (avec le volume électrique à 0 et l'autre ouvert) ou soit une combinaison des deux configs.

Le potard "Modes" est quant à lui destiné à décupler les combinaisons de micros de la configuration électrique en permettant notamment d'utiliser les 3 micros en même temps ou une combinaison du neck et du bridge (sans le micro central); chose impossible avec un simple sélecteur 5 positions.

Dernière option électronique, un petit bouton pressoir killswitch permettant de couper le son de la guitare situé en dessous du micro manche.

Concernant le choix du Tune O Matic plutôt qu'un chevalet Strat ou Tele standard, c'est purement une question de goût : toutes grattes confondues (et j'en ai quelques-unes...), c'est de loin le système qui s'adapte le mieux à mon jeu. Par ailleurs et plus futilement, cela conforte l'aspect original et personnalisé de cette future "TeleStrat" : pas pour me déplaire ;)

La réalisation devrait être terminée pour mi-avril. Stay Tuned !

29 jan 2010

Wet Reverb

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 5030

Wet REVERB

Après un bon nombre de tergiversations, le choix de la reverb destiné à compléter mon LIGHTBoard s'est porté sur la Wet Reverb produite par la société américaine Neunaber Technology. Cette dernière est à l'origine de la puce Belton qui équipe un bon nombre de reverb boutique du marché, telle que la (défunte) Spring Chicken de Malekko dont j'étais déjà particulièrement content. La puce numérique a été entièrement reprogrammée afin d'augmenter ses capacités et de proposer ainsi probablement une des meilleures reverbs que j'ai pu tester.

De quoi ça s'agit ?

La Wet Reverb se présente sous la forme d'un petit boitier en aluminium brossé recouvert d'un sticker de "décoration" digne d'un template de Windows 95. Si la pédale est assez légère en main, elle semble néanmoins solide et intègre des composants de qualité : le stompswitch, les embrases jack ainsi que les potentiomètres donnent une sensation de robustesse qui est de nature à rassurer l'utilisateur malgré le poids plume de la petite américaine. Alimentation standard 9v type Boss ou pile 9v au choix, le constructeur annonce par ailleurs une consommation minime pour ce type d'effet (14h de durée de vie). Une fois enclenché, un LED bleu s'illumine sans pour trop lumineux (contrairement à un bon nombre de constructeurs "boutiques" qui s'acharnent à nous décoller la rétine avec des LED surpuissants.). La Wet Reverb est équipée d'une True Bypass et une entrée à haute impédance afin de préserver le caractère de l'instrument sans modification de tonalité. La pédale est très silencieuse et aucune perte de volume n'est à déplorer.

Deux potentiomètres à la course très douce permettent d'ajuster votre reverb pour naviguer dans des sonorités allant de "room" à "hall" avec toujours cet aspect "spring" :
- MIX : permet d'ajuster le taux de reverb injecté au signal initial (dry)
- DEPTH : agit sur l'intensité, la profondeur de la reverb tout en modifiant légèrement le voicing de celle-ci. Les sonorités sont plus claquantes dans le premier tiers (assez "spring") de la course pour finir de manière plus moelleuse pour les nappes sonores du dernier quart.

Wet REVERB


Polyvalence, transparence et abondance

La première chose qui marque, c'est la grande interaction entre les deux potards qui donne une énorme polyvalence à la pédale. On passe allègrement de petites reverbs "slapback" typées surf à de grosses nappes aériennes et chaleureuses avec toute la série de nuances intermédiaires que vous imaginez. Ni vraiment "spring", ni complètement "hall", le résultat hybride est à chaque fois ultra musical et très inspirant.

Les cleans prennent de l'altitude à souhait de même manière que les harmoniques générées par des overdrives s'envolent littéralement. C'est ample, transparent et très propre (même dans les settings extrêmes).

Voici deux vidéos pour expliciter les capacités de la Wet Reverb :


Belton
Reverbs vs Wet

Comme énoncé dans l'introduction, Neunaber Technology est le concepteur de la puce Belton qui est utilisée par quelques constructeurs boutiques afin d'émuler une reverb de type "spring". La Wet Reverb étant en quelque sorte une "Belton boostée", un petit comparatif me semblait intéressant avec les différents modèles que j'ai pu tester.

D'emblée, inutile de préciser que, bien que je n'ai rien contre EHX et BOSS (même si je "tape" souvent dessus - je m'en rends compte), toutes les Belton-based ainsi que la Wet sont largement au-dessus des différentes déclinaisons de Holy Grail (et même Cathedral pour ma part, hormis la Reverse Reverb intéressante...) et autre RV-5. Dans l'offre boutique, j'ai eu l'occasion d'en tester quelques-unes comme l'Earthquaker Ghost Echo (belton inside), ainsi que la "remplaçante" de la Spring Chicken (belton inside), la Chicklet de Malekko (pas de belton).

La Ghost Echo est celle qui ressemble le plus à la Wet Reverb au niveau du rendu. Bien qu'elle propose d'autres réglages tels qu'un fine tune "dwell" et un léger delay avant la reverb "attack"; ces derniers ne sont pas assez prononcés à mon goût que pour être vraiment qualifiés de significatifs. Au final, il n'y a que le potentiomètre "depth" qui fait varier vraiment l'effet; façon Spring Chicken et son unique potard "chuck". Cette dernière possède quant à elle un voicing nettement plus "spring" et bright que la Ghost et la Wet. Personnellement c'est l'égalisation que j'ai préfèré; toutes reverb confondues.

Là où la Wet Reverb prend le dessus, c'est au niveau des possibilités qu'elle offre avec (seulement) 2 potentiomètres : le mix et le depth suffisent à créer de belles nappes et permettent pas mal de sons très différents (mix presque nul mais depth a fond ou l'inverse sont des rendus impossibles à obtenir avec les autres belton based). Cependant, notez que la Wet Reverb et son algorithme amélioré ne vont pas "plus loin" dans la reverb que la Spring Chicken ou la Ghost avec le depth à fond : le rendu maximum est assez similaire dans l'étendue de la résonnance.

Encore en petit mot sur la nouvelle Chicklet de Malekko qui est à mon sens légèrement en retrait par rapport aux 3 autres précitées niveau rendu même si sa fonction dwell est une franche réussite qui devrait ravir les fan de shoegaz et de reverb profondes et originales.

Pour coller parfaitement à mes goûts, la reverb idéale devrait être composée de la puce et des contrôles de la Wet Reverb, voicée façon Spring Chicken (un rien plus bright), avec le "dwell" de la Chicklet et pourquoi pas la fonction "attack" de la Ghost Echo, mais avec un rendu plus marqué.

Quoi qu'il en soit, la Wet vaut clairement ses 150€ (200$), la Ghost vaut aussi ses 155€ (même prix que la Spring Chicken à l'époque) et la petite chicklet à 120€ est un bon compromis boutique aux pédales standards genre EHX.


Conclusion

Neunaber Technology réussit son pari en donnant une nouvelle dimension à sa puce fétiche. Les sonorités sont de grande qualité et les possibilités sont énormes tout en conservant une facilité d'utilisation déconcertante. Peu bruyante, sans perte de volume et respectueuse de l'instrument : que demandez de plus si ce n'est un vrai design ? ;)

L'essayer, c'est l'adopter ! Un must have !

19 dec 2009

Catalinbread Dirty Little Secret

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 8801

Catalinbread Dirty Little Secret

Entourée à sa sortie d'un gros buzz autour ses qualités, la Dirty Little Secret de la société canadienne Catalinbread a intégré mon floor il y a quelques semaines maintenant. L'ambition annoncée du constructeur est de transformer un ampli clean type Fender en machine à "crunch Marshall" à l'aide de sa pédale. Après avoir manipulé la DLS dans tous les sens, voici le moment de livrer mon diagnostic sur cette JMP/JCM800-in-a-box.

De quoi ça s'agit ?

La petite Dirty Little Secret arbore des dimensions et un design des plus sexy ! Légèrement plus petite et moins épaisse que le format habituellement rencontré, la DLS est en métal brossé recouvert d'un sticker de décoration stylisé du plus bel effet. Les potentiomètres et les switchs sont aussi solides qu'idéalement choisi esthétiquement parlant. Les potards rappellent d'ailleurs ceux des amplis Marshall que la pédale est censée regrouper dans son boitier. La connectique est placée de part et d'autre de la pédale et l'alimentation 9v peut être également remplacée par une 18v, ce qui aura pour effet d'augmenter la dynamique considérablement. Personnellement je me suis concentré sur le 9v (tout simplement parce que je ne possède pas de 18v et qu'en incruster une dans mon floor n'est pas simple dans la configuration actuelle).

Niveau des contrôles, on retrouve un trio classique : volume, gain et tonalité. Un premier switch externe permet d'alterner entre le mode "rock" (proche d'un Marshall JMP) et le mode "rawk" (typé Marshall JCM 800). Depuis la révision 2 de la DLS, on retrouve également un switch "bright" interne permettant de changer le fonctionnement de la pédale (interaction différente des contrôles entre eux) et du rendu (plus d'aigus, de basses et surtout de gain).  Les possesseurs de la V2 possèdent donc pour le même prix la V1, avec 4 modes de fonctionnement possible (rock/rock+bright/rawk/rawk+bright).

Catalinbread Dirty Little Secret

Crazy little thing called DLS

Le premier constat apparent se fait au niveau de la dynamique de la pédale : elle réagit à la manière d'un ampli lampes et offre un bon nombre de nuances selon l'attaque et les variations de volumes de la guitare.

Le mode rock est dans assez "low gain" dans son ensemble, mais permet de belles incursions dans le hard rock avec le gain à fond. Pas mal de punch et de définition, de très belles harmoniques générées et un son résolument vintage, il s'agit la probablement de mon mode de fonctionnement préféré.

Le mode rawk propose d'aller plus loin dans le gain proposant des sonorités très JCM 800 (le crunch légendaire de la marque british). Plus mordant, assez gras avec un grain plus serré et toujours cette incroyable dynamique. Du bon "marshall-in-a-box" même si je ai trouvé le rendu parfois un peu trop compressé.

Dans les deux modes, la tonalité permet de passer a des sons plus oldschool (avant 12:00, assez chargé en médium) ou des choses plus moderne et tranchante, sans être criarde ou chimique (même avec le tone à fond dans les aigus).
Je n'ai en revanche pas aimé les options de la V2 (bright ON) : moins subtil, le son est plus épais mais sans rien changer ni au grain, ni au gain. Ça booste d'ailleurs assez fort la pédale (qui n'en a pas forcément besoin).

Place aux vidéos pour vous faire une idée de la bête :





Marshallmellow

Je précisais dans l'introduction que Catalinbread avait pour but de transformer un ampli de type Fender en machine à crunch Marshmallesque avec sa Dirty Little Secret. C'est effectivement le cas et la DLS s'en sort plus que bien dans cet exercice; particulièrement avec le gain et le tone à fond. Je l'ai comparée à plusieurs canaux du Marshall 6100 et on peut dire "qu'on y est". Pari réussi !

Cependant, lorsque l'ampli utilisé n'a pas la clarté d'un Fender et de ses lampes 6L6, la pédale a tendance a apporter trop de mediums et de basses. Je possède plusieurs pédales de type Marshall (Box of Rock, Brown Sound et Wampler Super Plextortion) et aucune d'entre elles n'a ce genre d'effet sur mes amplis Orange ad30 et Marshall 6100. De là à dire que la DLS impose son caractère fort à l'ampli, il n'y a qu'une marche que je me permets de franchir. Obligation de corriger l'EQ de l'ampli et/ou d'utiliser les micros bridges de mes pelles pour éviter la bouillie de medium garder de la définition avec des réglages low-mid gain. Il est donc à mon sens primordial d'essayer cette petite bête sur son matériel (ou du moins sur un matériel proche du vôtre) si vous ne possédez pas d'ampli type Fender; au risque d'être déçu, ce qui est un peu mon cas.

Autre petit point au registre des regrets, j'aurais préféré avoir un sélecteur 9v/18v à l'instar de l'OKKO Diablo (dédoubleur de voltage interne permettant d'alimenter la pédale en 18v sur base d'une 9v) plutot que de devoir investir dans une alimentation 18v pour tester l'entièreté des capacités de la bête. Ceci pour le prix de la DLS, les possibilités sont déjà conséquentes !


Conclusion

La Dirty Little Secret est une très bonne pédale qui jouit à la fois de dimensions minimes, d'un design sexy et de sonorités aussi dynamiques que représentatives des amplis qu'elle émule. L'effet "amp in a box" est très réussi. La palette de sons typés Marshall est large et de qualité. Petit bémol concernant le caractère prononcé de la pédale qui ne s'accorde pas avec tous les amplis; particulièrement si ceux-ci sont déjà chargés en médiums. À tester de préférence avant achat.

18 dec 2009

Knarzbox The Schmuzz

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 19261

Knarzbox - The Schmuzz

Laissez-moi vous présenter la première pédale du constructeur allemand Knarzbox : la très expérimentale The Schmuzz évoluant dans la sphère des fuzz à oscillateur. Cette marque encore méconnue saura tôt ou tard s'affirmer à hauteur des fabricants boutiques en vue du moment pour ce genre d'effet tel que Death by Audio ou WMD. Cette Schmuzz a un grand avenir devant elle, voyons de quoi il en ressort.


De quoi ça s'agit ?

Boitier robuste au format bien connu, connectique standard IN/OUT jack et alimentation 9v type Boss : la pédale allemande possède un design assez catchy même un peu plus de soin aurait pu être apporté à l'application du sticker faisant office de décoration (ça déborde un peu par endroits et il me semble que cela aurait pu être facilement évité). Il n'empêche que le résultat est réussi; preuve en est qu'un onéreux boitier gravé au laser et en couleur n'est pas toujours la meilleure solution. Armée d'un solide stompswitch et de deux gros potentiomètres de contrôle du plus bel effet, la Schmuzz dégage un sentiment de solidité et de simplicité.

Aucune notice n'étant fournie actuellement avec la pédale, je me suis laissé aller à quelques extrapolations pour décrire le fonctionnement des contrôles :
- à gauche : le potard "Oscillation", contrôle le volume de l'oscillateur
- à droite : le potard "Fuzz", contrôle le volume de fuzz

Le circuit de la pédale est visiblement séparé en deux : l'oscillateur et le fuzz. Les deux potards opèrent à la manière de volumes sur leur fonction respective, permettant de doser la quantité d'oscillation et de fuzz désirée. Notez cependant que la diminution du volume d'une des deux parties du circuit influera sur le volume général de la pédale. Après tests, j'ai pu constater que si l'un est à fond, l'autre doit être au minimum à 8:30 pour avoir un volume de sortie digne de ce nom (comparativement au volume du clean et aux autres pédales de mon rig). Si vous coupez complètement un des deux potards, vous n'entendrez plus rien.

Knarzbox - The Schmuzz


Du chleu qui schmuzz !
(ne pas confondre avec du bleu qui schmoute)

Le principe de fonctionnement de la Knarzbox n'est pas sans rappeler celui de la Soundwave Breakdown de Death by Audio (en étant malgré tout moins extrême) : chaque modification de dosage de l'un ou l'autre potard va donner un rendu différent. À la différence qu'ici, le rendu est moins aléatoire (ou du moins plus compréhensible).
Le grain du fuzz est moderne et me rappelle à nouveau un modèle de la marque américaine que j'apprécie beaucoup : l'interstellar overdriver. Proche sans être identique, la Schmuzz possède sa propre originalité et permet de belles combinaisons.

En fixant le taux d'oscillation vers 9:00 (juste de quoi s'assurer un bon volume global) et le fuzz à fond, on obtient un overdrive dynamique, légèrement étouffé (muffed), plein de corps et de subtiles nuances en provenance de l'oscillateur (qui reste donc toujours actif et donne cet aspect moderne au grain de la saturation).
En diminuant progressivement le fuzz, la distorsion se fait moins entendre et on est obligé de compenser la perte de volume en augmentant l'oscillation; ce qui va avoir pour effet de modifier le grain à nouveau et de rendre le signal plus fuzzy.
Tant que l'oscillateur ne dépasse pas le centre (12:00), il agit plus comme une tonalité et boost de volume sur le fuzz. Exemple : Fuzz 10:00 et Osci 12:00, malgré que l'oscillateur soit plus présent, les sonorités restent fuzzy. C'est également le cas avec les 2 potards à 10:00, ce que j'appelle le "setting equivalent minimum" (c'est à dire taux de fuzz = taux d'oscillation, avec un volume légèrement supérieur au signal initial = logiquement sonorité de base de la pédale).

A l'inverse, si on se concentre sur le côté oscillateur en partant sur le même protocole d'exploration : on fixe le fuzz à 9:00 et l'osci à fond et on entre dans un monde de parasites, crépitements et autres grésillements typiques du genre. La Soundwave Breakdown n'a qu'a bien se tenir ! Les sonorités sont assez extrêmes et bien chargées en aigus !

Le constat apparait clairement : tant que l'oscillateur ne dépasse pas 12:00, la pédale est résolument fuzzy, voire plus "overdrive" avec l'oscillateur au minimum et le fuzz à fond. Passé 12:00, l'oscillateur prend les commandes et ca salit le signal comme il se doit pour un rendu résolument moderne : les parasites prennent de plus en plus de place dans le fuzz pour donner une texture chimique et rageuse aux harmonies complexes et aléatoires ! Ça s'extrémise carrément dans le dernier quart de la course du potard ! Le résultat est digne des meilleures pédales du genre (on arrive a des sons typé Geiger Counter notamment).

Quelques samples sont disponibles à cette adresse.


Conclusion

De par ses qualités indéniables, la Knarzbox affiche clairement l'ambition de faire partir des ténors du genre. J'ai trouvé une réelle originalité dans les sonorités produites par cette Schmuzz (malgré la grande quantité de fuzz que j'ai pu tester) !

Elle est en quelque sorte le chaînon manquant entre l'Interstellar OD Deluxe en mode oscillating fuzz et la soundwave breakdown de Death by Audio, à un tarif nettement plus abordable ! Son prix est en effet idéalement situé par rapport à ses concurrentes directes. 

Rapport qualité-prix génial pour cette boite originale !

18 dec 2009

Sitori Sonics Drive & Harem Fuzz

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 19410

Sitori Drive

Sitori Sonics est la marque d'un petit fabricant d'Alabama répondant au nom d'Emanual Ellinas. Dixit son site, ce dernier a mis sa passion pour l'électronique au service de la quête du Graal sonore en matière d'effet et je suis forcé de constater que c'est plutôt réussi ! Si Sonic Youth et Mogwai ont fait confiance au résident de Trussville pour (une partie) de leurs effets, c'est que ça doit en valoir la peine ! Initialement intéressé par une fuzz massive et expérimentale, j'ai eu l'occasion de tester la gamme pour me faire une idée globale. Suite à ces évaluations, j'ai finalement rapporté deux Sitori : le Drive et la Harem Fuzz.


De quoi ca s'agit

Les deux pédales possèdent le même robuste boitier diecast que beaucoup d'autres pédales du marché (EHX genre Little Big Muff, Cream Can, etc...). La conception interne des deux Sitori est soignée et les matériaux utilisés sont de très bonne qualité : les potentiomètres ont une course précise et bien calibrée, les leds sont (ultra) lumineux et les stompswitchs offrent une résistance agréable à la pression (ni trop dure (on ne se pète pas la plante du pied nu), ni trop légère (on ne risque pas de l'activer par erreur en switchant rapidement d'effet)). La connectique  (IN/OUT jack + alim 9v type Boss) est placée de chaque côté du boitier, avec l'alimentation sur le flanc droit; ce qui évite de perdre de la place au dessus des pédales (comme c'est le cas quand l'alim est sur la tranche supérieure) en profitant de l'espace nécessaire aux connexions jack.

Sitori Harem Fuzz

Au niveau de la finition, on ressent bien le côté artisanal. Si certains modèles de la gamme sont munis d'une impression comme garniture (comme sur le Drive ou la Brownies & Cream), d'autres sont décorés à la main (comme la Harem Fuzz). L'imprimé du Drive rend plutôt bien même si une couche de protection d'un vernis spécial aurait été appréciable pour faire perdurer l'illustration dans le temps. Pour la Harem Fuzz décorée main, c'est une autre histoire ! J'ai heureusement eu le choix entre deux finitions, car le modèle "Xmas edition" bleu électrique t-pexé de points blancs en guise de flocons que j'ai testé était tout simplement affreux. J'ai finalement eu le choix d'opter pour une finition plus tribale. Le boitier est uniformément recouvert d'une couleur rouille brillante assez sympa... accompagnée de quelques gribouillis au feutre indélébile doré (un reste des décorations de Noël surement).
Je pense qu'il y a plusieurs manières d'apprécier l'artwork :
- Emanual s'en fout de la déco et confie la tâche à ses cousins ou à l'atelier protégé du coin,
- Emanual a mauvais gout et personne n'ose lui dire,
- Emanual a du second degré, aime le kitch et trouve que c'est rock'n'roll.
- Emanual compte sur l'aspect mal fini pour renforcer l'image artisanale de ses produits "superhandmade", plus la facilité et les frais en moins que représentent l'absence de déco.

Personnellement je préfère opter pour la 3. Après tout, ce qui compte, c'est ce qui a dedans !
Cependant, au rayon "on s'en fout mais faut quand même le dire", ni boite, ni notice ou note : que dalle. Ça m'est personnellement bien égal de ne pas avoir de boite, mais cet état d'esprit explique peut-être en partie les décorations douteuses de certains modèles. Notez cependant que ces fameuses finitions ont l'air de fluctuer selon l'humeur : les photos du site indiquent de nouvelles déclinaisons hautes en couleur des modèles.

Sitori Drive


Drive it Low

Le Sitori Drive est une pédale de saturation dite "low gain", que l'on peut utiliser à la fois comme clean/dirty boost ou comme overdrive à part entière. Concrètement, la plage d'action va d'une légère brillance à un drive plus poussé mais toujours aéré et avec beaucoup de transparence dans la dissipation du sustain. La saturation s'opère d'une manière très inédite et avec beaucoup de qualité. Les sonorités sont chaudes, assez dynamiques et globalement un peu mordantes. On s'en rend vraiment compte en association avec d'autres saturations en aval qui prennent un coup dans les aigus de manière parfois déconcertante. Ce côté acide peut être atténué avec le tone pour donner juste ce qu'il faut de drive en plus pour faire décoller mes autres pédales. La tonalité est efficace et assez réactive, mais à tendance à manger un peu de volume. À ce titre, j'aurais aimé disposer d'une plus grande réserve afin de magnifier mes cleans façons Barbershop.

Vous pouvez vous faire une toute petite idée dans cette vidéo à partir de 2:18.

Comparativement à cette Barbershop OD de Fairfield Circuitry officiant dans le même registre overdrive "low gain", la Sitori affiche un caractère complètement différent. Les deux grains ne se ressemblent pas et leur manière d'agir sur les autres pédales est assez différente : la Sitori agit plus à la manière d'une OD808 (sans s'en approcher pour autant) en apportant des modifications à la texture du grain de la saturation comparativement à la Fairfield qui ajoute son empreinte sonore d'une manière plus affirmée et plus brillante (le fait d'avoir plus de volume permet d'être plus présent aussi...). Une image : si le grain Fairfield est "net et brillant", le grain Sitori est alors plus "chaleureux et bulles de champagne".

Sitori Harem Fuzz


Harem Fuzz

Malgré sa finition douteuse, la Harem Fuzz est probablement la meilleure découverte dans la gamme Sitori ! Il s'agit d'une fuzz massive dans l'esprit Big Muff avec un grain particulier résolument moderne. Pour piloter cet amas de gain, on retrouve les trois potentiomètres traditionnels aux saturations : volume, tonalité (tone) et gain (fuz). La dynamique est énorme, la pédale brûle le signal d'une manière très organique et chaleureuse (bien plus qu'une Big Muff). À l'instar de la Sitori Drive, la tonalité de la Harem est très efficace et donne une bonne polyvalence aux sonorités fuzz.
Les harmonies générées sont d'une grande qualité et le contrôle du gain permet de dompter soigneusement leur dosage. Même à faible taux de gain, le sustain est conséquent et nuancés de divers crépitements très croustillants ! Passé un setting d'1:00, vous n'en entendrez jamais la fin!
Dernier point à mettre en avant : la définition des notes, malgré l'importante quantité de gain. La pédale est très propre et permet un jeu rapide et défini en toutes circonstances sans risque de bouille d'harmoniques inaudible.

Quelques samples sont disponibles à cette adresse.

Lors de mon essai, j'ai immédiatement fait le lien avec la Death by Audio Fuzz War et, dans une moindre mesure, au côté "Musket" de la Twosome de Blackout effectors. S'il m'est impensable de me séparer de ma Twosome, j'ai en revanche dû comparer soigneusement la Sitori et la Fuzz War pour voir si cette dernière n'allait pas être évincée de mon board principal. Bien que très proches, les harmonies générées par l'amas de gain des deux pédales n'ont pas le même rendu. Par ailleurs, elles agissent différemment sur les autres pédales; notamment après la pédale synthé de seppuku (une de mes utilisations préférées de la Fuzz War). Très proches donc, mais pas suffisamment identique que pour se remplacer. À n'en choisir qu'une, je pencherai en revanche pour la Harem Fuzz qui est un peu plus polyvalente (et moins encombrante).

Sitori Harem Fuzz


Conclusion

Mes acquisitions m'apportent une pleine satisfaction ! Le Drive est très original, chaleureux, aéré et nuancé. Un très bon overdrive léger pour attaquer votre préamp ! Mention spéciale pour la Harem Fuzz : massivement fuzz, musicale, extrême, mais maitrisable. Un must du genre, à en faire oublier complètement sa déco douteuse !
Et à prix raisonnable qui plus est (l'une et l'autre).

07 dec 2009

Fairfield Circuitry Randy s Revenge Ring Modulator

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 19615

Fairfield Circuitry Randy s Revenge Ring Modulator

Ayant initialement peu d'intérêt pour ce type d'effet, cela quelques mois à peine que je m'intéresse aux Ring Modulators. Cet effet, parmi les plus expérimentaux du marché, est plus souvent plébiscité pour son utilisation avec des synthétiseurs et autres boites à rythmes. Conquis par la qualité de conception de ma Barbershop OD, j'ai été à nouveau séduit par Fairfield Circuitry et son Randy's Revenge !


De quoi ça s'agit ?

Comme c'est le cas pour la Barbershop OD et comme en témoigne la photo ci-dessus, Fairfield Circuitry a soigné le packaging de sa pédale : protection soignée et écologique, flopée de médiators, carte de visite et manuel imprimé clair et concis. La pédale en impose d'emblée. Le boitier métallique "simplement" gravé du nom de la marque et des indications d'usage est du plus bel effet. La Randy's Revenge respire la solidité et sa conception interne apparait comme étant des plus soignées.

La connectique (IN/OUT + alim 9v standard) se trouve sur la tranche supérieure de la pédale, ce qui facilite son intégration dans sa position initiale (horizontale/paysage) sur un board par rapport à la Barbershop OD que je me suis résolu à positionner verticalement. Pour piloter l'effet, 4 potentiomètres et 2 switchs permettent d'obtenir une large palette de sons.

- FREQUENCY : fixe la fréquence de l'oscillateur.
- LPF : règle la fréquence du Low Pass Filter affectant le signal modulé.
- MIX : contrôle la balance entre le signal clean (dry) et le signal modulé (wet).
- VOLUME : règle le volume de la pédale avec une bonne réserve de gain disponible !

- HI/LO : switch permettant d'appliquer un filtre high ou low pass (en fonction de la plage de fréquence que l'ont veut privilégier) sur le Voltage Controlled Oscillator (VCO).
- WAVE : switch pour 2 types d'ondes : carrée et sinusoïdale.


Place à la palette sonore. Comme vous allez le constater sur la vidéo suivante, le Randy's Revenge permet énormément de possibilités :


Aussi inspirant que musical

La large palette sonore du Randy's Revenge est assez accessible malgré le nombre apparent de possibilités : les contrôles se prennent rapidement en main et on a vite fait d'arriver au rendu désiré. Des effets de doublages style chorus, des sons de droïdes, des sweeps lents et autre genre de vibrato/tremolo très musical, difficile de mettre un nom précis sur ce qu'on entend. Tout ce qu'on sait/ressent, c'est que c'est inspirant, expérimental et que ça sonne bien !

L'élément clé est à mon sens le switch WAVE qui permet de changer radicalement le son en fonction de la forme carrée (assez bright) ou sinusoïde (plus douce) choisie. Les deux modes sont d'égale importance : pas de soucis à avoir, tout est bon dans ce Randy's Revenge ! Le bouton Freq permet d'accorder l'effet de l'oscillateur pour matcher à la tonalité de la chanson jouée : il y a pas ailleurs moyen de jouer sur l'effet "detune" pour arriver à des rendus assez expérimentaux. Très utile pour en overdubs.

L'autre point important, c'est l'interactivité des différents potentiomètres entre eux (particulièrement le LPF). Il s'agit de prendre son temps pour comprendre les subtilités des dosages et tester les multiples combinaisons possibles pour profiter pleinement de la petite boite québécoise.

J'apprécie par-dessus tout son utilisation en combinaison avec mes pédales "synthé" (suboctave synthesizer, pulsemonger, mothership) qui a pour effet de moduler très musicalement le rendu final. Ce n'est pas par hasard si Pigtronix a intégré un ring mod dans sa mothership en plus de la section synthé : le couple a fait ses preuves ! Le Randy's Revenge permet également des effets plus classique vibrato/tremolo qui peuvent être déclinés avec beaucoup de nuances et (toujours) de musicalité.

Il est possible de sortir des sons très originaux typés film de sciences fiction série B : toujours fun bien que moyennement exploitable ;)

Fairfield Circuitry Randy s Revenge Ring Modulator


The Community of the Ring(mod)

Au moment d'envisager les ring modulator, je me suis tourné directement vers la référence que constitue le Moogfooger MF 102. Utilisée par des groupes comme Sonic Youth, Linkin Park, Beck, Lenny Kravitz ou encore The Cure, l'énorme pédale m'a laissé une très bonne impression lors de mon test chez Moog Audio au Canada. Cependant, les dimensions de la pédale m'avaient quelque peu refroidi dans l'optique d'une insertion sur mon floor déjà bien fourni. Lorsque je suis tombé sur le Randy's Revenge, j'ai retrouvé la même musicalité et (surtout) le même enthousiasme à l'essai, mais dans un format nettement plus pratique.

Je n'ai pas pu comparer l'une et l'autre en même temps et ne saurais donc pas vous dresser un comparatif précis; sachez néanmoins que les possibilités sont grosso modo identiques : la Fairfield Circuitry et la Moogfooger proposent le même genre d'option et de possibilités. Le rendu est excellent dans les deux cas.

L'une n'étant pas la copie de l'autre (et vice versa), les quelques nuances dans la manière de moduler le signal sont tout simplement les empreintes sonores propres à chacun des deux fabricants. C'est aussi bon tout en étant un peu différent. Le Moog est un peu moins cher, mais la Fairfield est nettement plus pratique : après, c'est subjectif. L'oreille reste le seul Maître.

En revanche, ce n'est pas vraiment comparable à la Frequency Analyzer d'EHX, on est dans un autre monde de qualité et de possibilités (et une autre gamme de prix aussi). Je trouve l'EHX plus fun que musicale... mais pas trop mal pour un 'petit ring mod'. J'ai trouvé par ailleurs le RR bien plus convaincant que le COPILOTFX The Android (sans personnalité comparativement).

 

Conclusion

Guillaume Fairfield signe un nouveau chef-d'oeuvre avec ce ring modulator Randy's Revenge, aussi musical qu'inspirant. Beaucoup de possibilités et d'expérimentation : on en a pour son argent !

A ce propos, en s'alignant sur le prix du Moogfooger, il pourrait bien devenir la nouvelle référence en matière de ring mod ! Ceci dit, je préfère payer un peu plus et sponsoriser le Research and Development de Fairfield pour avoir une troisième pédale aussi intéressante que ce Randy's Revenge et que l'overdrive Barbershop.

06 dec 2009

Saint Nicolas à l'Avroy73

Type : blog - Cat. : mxv // Lectures : 23047

Affiche St Nicolas a l avroy 73

Lettre du grand Saint dans notre ascenseur communautaire :

"Cadichon, Fouettard et moi-même ayant prévu une halte à hauteur de l’immeuble dans la soirée de ce 5 décembre, j’invite cordialement tous les résidents ayant été bien sages ainsi que les grands enfants que nous sommes à disposer leurs pantoufles, souliers ou autres tongs hawaïennes sur le seuil de leur porte afin que je puisse les récompenser comme il se doit.

Amicalement,

Saint Nicolas

À moins que vous ne soyez mocassin charentaise rouge et jaune à pointes, aucune crainte à avoir pour vos ribouis ;-)

ps : Cadichon a du arrêter les carottes mais Fouettard ne crache pas sur une bière.
.."


Expérience marrante et (je trouve) sympa : pas mal de gens avaient joué le jeu avec les pantoufles ! Les grands enfants pas sages (lisez : ceux qui n'avaient pas mis leur soulier) en ont eu droit quand même à leur petit paquet :p Malheureusement je me suis fait "spotter" dans l'ascenseur en pleine distribution, mais soit :)
Finalement Fouettard a récupéré 5 bières (mine de rien) et quelques mots de remerciement pour St Nic.

En espérant qu'une jolie voisine se décide à faire Mère Noel et m'appelle Jean Balthazard. (Le concert de Dutronc se rapproche à grand pas d'ailleurs !)

15 nov 2009

Ibanez Airplane Flanger AF2 Paul Gilbert Signature

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 26008

Ibanez Airplane Flanger 2

Lorsque je me suis intéressé aux effets flanger disponibles sur le marché, deux pédales avaient retenu mon attention : la HBE Frost Bite pour ses impressionnantes possibilités et l'Ibanez Airplane Flanger AF 2 Paul Gilbert Signature pour ses 2 modes d'utilisation. Alors que le HBE ne semblait pas être disponible avant longtemps, j'ai opté pour l'Ibanez qui aura eu le bon goût de se démarquer lors de mes différents tests et écoutes de démos parmi l'offre disponible. Si l'HBE est finalement arrivé peu de temps après l'Airplane Flanger, ce dernier a su conserver sa place dans mon floor surbondé.


De quoi ça s'agit ?

L'Airplane Flanger AF 2 est donc le modèle signature du shredder Paul Gilbert. Le look de la pédale est à l'image du guitariste dont elle s'inspire : déjanté et décalé. Design flash 70's fluo et écriture psyché, je suis très (très) fan de ce look. Le boitier est assez large et robuste, la conception est sérieuse et les footswitchs de qualité. Alimentation 9v (fournie) et connectique standard IN/OUT, true bypass pour le respect du signal et un buzz minimum et 5 potentiomètres de contrôles (ibanez oldschool) pour sculpter le son de l'AF 2 : voila pour le tour de la bête.

4 des 5 potards contrôle le mode TAXI de la pédale :

- MANUAL : agit sur le delay appliqué au signal. Comme pour la Frost Bite, au plus le delay est court, au plus le son se rapproche d'un effet chorus. Ouvert à fond, c'est total flanger et c'est bien aussi !

- SPEED : contrôle la vitesse de la modulation

- RANGE : permet de colorer le son de la pédale en agissant sur la profondeur l'oscillation de l'effet.

- ENHANCE : contrôle le feedback d'harmonies générées par l'effet. Les settings extrêmes ont tendances à rendre la pédale complètement incontrôlable ! Très fun à utiliser, dommage qu'il ne soit pas possible de connecter une pédale d'expression pour contrôler son action (ou un bouton comme sur la Frost Bite).

Le dernier potard sert à contrôler la vitesse de l'effet du mode TAKE OFF

Niveau son, voyons ce que Paul Gilbert en pense :

TAXI, mais au sol de préférence...

Il y a donc de quoi faire dans cette belle boite ! Les sons flangers et chorus sont très convaincants et on a accès des sonorités que je qualifierai allant de simples à déjantées; notamment avec le bouton ENHANCE qui assure une bonne dose d'amusement et d'expérimentation dans les settings les plus extrêmes.

Je retrouve les qualités de mon HBE Frost Bite dans les sonorités du Airplane Flanger : cela texturise très bien les cleans et se comporte très bien avec des saturations. À la différence près que l'Ibanez se comporte nettement mieux en début de chaîne.
Lors du test en magasin, nous l'avions d'abord branché dans la boucle d'un Bogner Alchemist. L'effet était à peine perceptible et bien peu convaincant; jusqu'à nous demander si la pédale n'avait pas souffert du transport. Avant d'aller chercher un autre modèle, nous l'avons branché en front et là : surprise : l'Airplane Flanger s'est révélé à nous.

Dans une chaîne d'effet, je le préfère également positionné avant les saturations. Questions de goût sûrement, Paul Gilbert a l'air de le placer plutôt en début de chaîne aussi. Pour ma part, j'ai gardé un drive avant "histoire de", mais c'est principalement pour utiliser avec les autres saturations en aval.

Quid du mode Take off ?
Outre la qualité des samples promotionnels de l'AF 2 qui avait retenu mon attention, j'étais très curieux de tester "tant déjanté" mode TAKE OFF. Autant c'est marrant pour chipoter ou emmerder son batteur, autant c'est très peu utilisable. Le problème vient principalement du fait qu'on ne sait régler que la vitesse de l'oscillation. Qui plus est, le sweep continue même lorsqu'on désactive le TAKE OFF. J'aurais trouvé ça plus pratique que l'effet décolle (= soit dans sa phase ascendante) à chaque activation; ça aurait permis plus d'utilisation que le mode actuel qui, lorsqu'il s'active, prend le sweep où il en est (que ça soit en phase "ascendante" ou "descendante" de l'effet). Ce n'est pas que l'effet descendant n'est pas utile ou "sympa" en soi, c'est qu'il est fréquent que l'utilisation de ce type d'effet soit assez aléatoire et difficilement conjugable avec un flux constant de progression.  En ayant un décollage à chaque activation (dont la vitesse de progression aurait été réglable via le potard dédié), cela aurait permis une utilisation plus pratique pour des bridge et autres transitions. Au final, ce mode TAKE OFF se révèle plus gadget sympa qu'autre chose.

Ibanez Airplane Flanger 2


Conclusion

L'Ibanez Airplane Flanger Paul Gilbert signature est probablement le meilleur rapport qualité-prix en matière de flanger sur le marché. Content de mon module flanger sur le Nova (très propre), celui-ci est plus chaleureux et nettement plus barge dans ses extrêmes limites. l'AF 2 laisse (à mon sens) sur place les Boss BF 3 et MXR M 117R dans la même gamme de prix et je la préférais aux EHX. Comparativement à mon excellent HBE Frost Bite, les sonorités flanger et chorus s'équivalent à peu de nuances près. Même si la HBE va nettement plus loin, et réussit quant à elle le pari de "la fonction barge qui défonce" avec son bouton ENHANCE contrôlable au pied (parallèlement au mode TAKE OFF sans grand intérêt), elle ne rend pas pour autant l'Airplane Flanger sans intérêt dans mon rig. Elles se complètent bien et se positionnent (et se règlent) de manière radicalement différente dans la chaîne d'effets.

Cette petite Ibanez signature Paul Gilbert est une excellente pédale qui permet très bonne exploration des effets Flange / Chorus !

11 nov 2009

Homebrew Electronics Frost Bite Flanger

Type : article - Cat. : musique // Lectures : 26048

Homebrew Electronics Frost Bite

En quête d'un bon flanger à intégrer sur le FATBoard, j'ai vite été séduit par la très récente et encore peu répandue Homebrew Electronics Frost Bite. Le flange, c'est un effet sonore obtenu en additionnant au signal d'origine une copie du signal, mais légèrement désaccordé en fréquence et décalé dans le temps. Le rendu donne un aspect de vague en fond sonore, parfois assimilé au bruit d'un réacteur d'avion.

De quoi ça s'agit ?

La HBE se présente sous la forme d'un énorme et robuste boitier blanc sobrement estampillé Frost Bite Flanger. Les couleurs utilisées sont clairement choisies pour rappeler l'univers glacial se rapportant au nom de la pédale : ce n’est pas folichon, mais c'est propre et lisible. Alimenté par un adapteur 18V (fourni) et muni d'une connectique standard IN/OUT, la Frost Bite dispose de 6 contrôles, 1 sélecteur et un footswitch d'activation pour piloter l'électronique 100% analogique.

Au vu des dimensions généreuses de la pédale, le constructeur a pu se permettre d'opter pour des Chicken Head Knobs d'inspiration Vox en guise de potentiomètres : on aime ou pas, personnellement je suis conquis. J'apprécie particulièrement le fait de pouvoir contrôler au pied (avec, certes, un peu de concentration et de précision) les potentiomètres en plus du bouton Enhance spécialement conçu à cet effet.

- MANUAL : contrôle le temps delay de l'effet. Lorsqu'il est à gauche (7:00, fermé), le son se rapproche d'un chorus et à l'inverse d'un flanger lorsqu'il est fond (5:00). Delay maximum annoncé : 1.4ms

- SPEED : contrôle la vitesse à laquelle le balayage s'effectue de manière continue.

- RANGE : détermine avec quel dosage le delay est influencé par les contrôles Manual (à gauche) et Speed (à droite). Lorsque le RANGE est ouvert à fond, le MANUAL est désactivé tandis que l'inverse est valable pour SPEED. Les positions intermédiaires permettent donc de nuancer fortement l'effet pour arriver au rendu désiré.

- THRESHOLD : il s'agit d'un gate qui ouvre (ou ferme) la porte aux harmoniques générées par le Feedback lorsque l'on arrête de jouer (donnant l'effet "crash" habituel du flanger). Cela donne accès à des sonorités assez expérimentales. Cet aspect est bien explicité dans la vidéo PGS insérée plus bas.

- ENHANCE : ou régénération : permet de contrôler l'amplitude des harmonies générées par l'effet flanger. Il a été intelligemment adapté pour permettre d'être contrôlé au pied : ultra pratique et très inspirant ! Cela permet de gérer une espèce de tonalité de l'effet. Ouvert à fond, ENHANCE vous donnera les sons "jet-like".

- SWITCH EVEN/ODD Harmonics: il s'agit d'un switch qui permet de choisir entre 2 setting de contrôle bandpass du signal. Cela change considérablement le son du flanger.

- LEVEL : volume de la pédale. Notez qu'il aurait été plus facile d'actionner le footswtich si ce potard LEVEL avait été placé un peu plus haut sur le boitier. Néanmoins, on s'habitue vite à ce petit défaut ergonomique : pas de craintes à avoir.

Place aux sonorités avec la démo de ProGuitarShop.com :

Usine à sons

Les possibilités d'exploration de l'effet sont incroyables ! Pure son flange défini ou crashy, mix chorus/flange, résonnance métallique, long sweep aérien, effet vibrato spatio-temporel, sons expérimentaux,... cette pédale va bien au-delà du Flange et est une pure source d'inspiration ! Qui plus est, elle se combine parfaitement aux autres pédales pour donner encore plus de choix dans la création de textures.

En son clean, la Frost Bite permet d'obtenir de belles et chaleureuses textures très aériennes qui font littéralement planer votre son. J'étais déjà particulièrement fan des phasers pour ce genre d'effet, c'est une belle alternative pour faire décoller les riffs mélodiques. Les rythmiques funky s'en trouvent aussi (très) sympathiquement texturées.

Avec de la satu, cela devient encore plus marrant ! Les légers crunch se marient à merveille avec les presets flangy tandis que les saturations plus prononcées sont transformées par l'action du switch EVEN. L'utilisation facile du potard ENHANCE (au pied) ajoute beaucoup de flexibilité à la pédale, notamment pour les parties solos où, en augmentant la régénération, on fait hurler sa guitare d'une manière tout à fait délectable tout en ayant la possibilité de revenir à quelque chose de plus "stable" par la suite. Awesome ! A noter que cette pédale s'en sort aussi bien dans la boucle qu'en façade de l'ampli.

Possédant deux pédales de Flanger, j'ai placé la Frost Bite en fin de chaîne juste avant l'ampli (et quelques autres effets temporels), avec mes différentes saturations en amont. Le cas échéant, je peux distorde le signal post-flanger en passant sur le canal crunch de mon ampli. J'ai effectué ce choix, car mon autre flanger, l'Ibanez Airplane Flanger, se comporte bien mieux quand il est positionné avant les saturations. En considérant cela, la solution Ibanez au début et HBE à la fin me semblait cohérente. Notez que j'aurais opté pour un positionnement "central" dans la chaîne dans le cas où la Frost Bite aurait été mon seul Flanger : des satus avant et après, pour jouir du meilleur des deux solutions.

Conclusion

La Homebrew Electronics Frost Bite est une sublime pédale analogique qui, bien que badgée "flanger", permet énormément d'effets nuancés tels que Chorus/Flange, Rotary speaker, Pitch Shift mais aussi vibrato. À l'instar de l'Empress Super Delay, du Blackout Effectors Whetstone ou de la Subdecay Prometheus, cette HBE Frost Bite est véritable usine à sons, génératrice de créativité ! Ce n'est pas qu'un excellent flanger, c'est également une source géniale propice aux expérimentations de diverses textures.

Elle est un peu encombrante, certes, mais c'est bien là le seul vrai défaut que j'ai pu lui trouver ! La conception est soignée, les composants sont de qualités, les options sont nombreuses, la qualité des sons splendides et son prix est plus que correct. En effet, la pédale n'atteint pas des sommets en matière de prix; qui plus est dans le cas d'un achat d'occasion comme ce le fut pour moi.

Je suis un utilisateur comblé qui vous recommande chaleureusement cette magnifique pédale !

 

10 nov 2009

Et si Matrix avait été tourné à l'époque des films muets ?

Type : blog - Cat. : fun // Lectures : 28635

Sublime !

"Pilule bleue ou pilule rouge ?"
"Comment je peux savoir ? Le film est en noir et blanc..."